Représentation
Il est assez difficile de se figurer comment les Sumériens et les Babyloniens représentaient le dragon. La plus ancienne représentation connue de ces civilisations est celle de Sirrush, le dragon de la porte d'Ishtar dont la création est estimée à 600 avant JC. Le dragon y apparaît comme une créature a quatre pattes de forme canine et couvertes d'écailles. Néanmoins cette représentation semble être en contradiction avec la conception de l'Enuma Elisha, ou l'apparence de Tiamat est vraisemblablement celle d'un serpent gigantesque.
(La diversité et les grandes contradictions dans les sources que j'ai consultées sur le sujet ne me permettent malheureusement pas d'être ni plus affirmatif, ni plus précis.)
Les premières identifications claires de la morphologie du dragon sont celles des Aztèques, des chinois et des japonais.
Pour les Aztèques, le dragon est la réunion du serpent et de l'oiseau, Quetzalcoatl le serpent à plumes.
Les dragons chinois et japonais ont sensiblement le même aspect, la seule différence notable entre les deux représentations est le nombre de griffes : celles du dragon Japonais sont au nombre de trois alors que le Chinois en possède quatre pour les espèces ordinaires et cinq pour le dragon impérial.
La description la plus précise de l'apparence du dragon chinois a été faite par Wang Fu peu avant l'ère chrétienne. Le dragon est la réunion de toutes les espèces animales de la terre. Il a le corps, du serpent, les écailles de la carpe, la tête du chameau, les cornes du cerf, les yeux du lièvre, les oreilles du taureau, le cou de l'iguane, le ventre de la grenouille, les pattes du tigre et les serres de l'aigle. Une crinière de lion orne son cou, son menton et les articulations de ses pattes. Il possède aussi des cornes pareilles a des andouillers de chaque coté de la bouche et de longs favoris sur le museau.
Le dragon oriental peut être de couleurs différentes, les plus courantes étant le rouge, le bleu, le noir, le blanc et le jaune. Il est souvent représenté avec une perle dans la gueule ou dans les griffes dont il semble tirer son pouvoir et par laquelle il montre son caractère divin.
Les premières représentations du dragon au moyen orient sont celles d'Ouroboros, le dragon qui se mord la queue, en Egypte aux environs de 1600 avant JC. Cette représentation a ensuite été reprise par les Phéniciens, puis les Grecs qui lui ont donné ce nom. Ce symbole se retrouve aussi dans la culture Celte, ainsi que la mythologie Scandinave, Jormundgangr entoure sous terre les racines d'Yggdrasil, le frêne qui supporte la voûte céleste.
En Occident le dragon prend tout d'abord la forme d'un serpent géant. Il n'y a aucune mention claire du dragon dans le texte original de la Volsunga Saga, il y est fait mention d'un serpent monstrueux par ses proportions et non par sa morphologie. Il semblerait que ce soit la chrétienté qui ait importé d'orient la notion de dragon, puisque dans l'adaptation chrétienne de la mythologie païenne d'Europe du nord, le chant des Niebelungen, Siegfried combat un dragon et non plus un serpent géant.
A partir des débuts de l'ère chrétienne le dragon prend de nombreuses formes très variées sans qu'il soit possible d'en situer précisément les origines temporelles et/ou géographiques.
Dans un texte saxon du sixième siècle Beowulf affronte un dragon, décrit comme un serpent ailé et crachant du feu. Il s'agit vraisemblablement de la première apparition du dragon tel qu'il est représenté en Héroïc Fantasy.
Cette représentation est une construction occidentale faite à partir de la forme orientale, associée aux mythes moyens orientaux.
Dès lors le dragon occidental aura toujours une morphologie relativement stable, sauf en ce qui concerne sa taille. Celle-ci pouvant aller d'un gigantisme tel que l'ombre du dragon peut recouvrir toute une ville, à la taille d'une libellule (en anglais libellule se dit dragonfly).
Une autre caractéristique importante du dragon "Héroïc Fantasy" apparue a cette époque et la diversité de son caractère et de son attitude vis-à -vis des humains. Du statut de monstre représentant le mal absolu dans l'ancien testament, le dragon devient le symbole des rois de Bretagne, quand Uther, à partir d'une prédiction de merlin fait réaliser, deux dragons d'or pour en déposer un dans la cathédrale de Winchester et conserver l'autre au combat. C'est a partir de ce moment la qu'on le nomma Uther Pendragon (tête de dragon en langue bretonne). Par la suite son fils merlin conservera le dragon comme symbole. A l'heure actuelle le dragon est toujours le symbole du Pays de Galle.
Voilà donc pour cette première partie du dossier sur les dragons consacrée à retracer une histoire, la plus juste et la plus représentative possible du mythe du dragon. Celle-ci ne se veut pas exhaustive et encore moins parfaite, j'espère néanmoins qu'elle vous permettra, si besoin est, de mieux comprendre le mythe. Tags :
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